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Madame St-Clair – Raphaël Confiant




Écrit en 2015

Ma chance à moi, Stéphanie St-Clair, Négresse française débarquée au beau mitan de la frénésie américaine, fut qu’à mon arrivée Harlem commençait à se dépeupler de ses premiers habitants irlandais, puis italiens, lesquels cédaient la place jour après jour, immeuble après immeuble, à toute une trâlée de Nègres venus du Sud profond avec leur accent traînant du Mississippi et leur vêture ridicule en coton de l’Alabama. Dès le premier jour sur cette terre d’Amérique, je me jurai que personne ne me marcherait plus sur les pieds ni ne me traiterait en petit Négresse. Personne!

Dans le New York des années 1920-1940, Stéphanie St-Clair connut un incroyable destin. Venue de sa Martinique natale, elle deviendra reine de la loterie clandestine, surnommée «Madame Queen» ou «Queenie» par le milieu, et affrontera avec succès à la fois la pègre noire et la mafia blanche du Syndicat du crime. Traversant avec panache toutes les époques – la Première Guerre mondiale, la prohibition, la Grande Dépression de 1929, la Seconde Guerre mondiale et le début du Mouvement des droits civiques – elle s’enrichit et devint une icône à Harlem, mais aussi dans nombre de ghettos noirs du nord des États-Unis.

Ce roman rend justice à celle qui fut, outre une femme-gangster impitoyable et cruelle, un précurseur de l’affirmation féministe afro-américaine.

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  1. Livre intéressant d’un point de vu historique. Décrit bien la situation des Noir.e.s américain.e.s dans les années 20, 30, 40, la naissance du mouvement des droits civiques, Marcus Garvey, le quartier de Harlem et la renaissance noirs, etc. Le personnage est une femme forte qui s’est accomplie seule. Chouette portrait de femme donc et d’une période de l’histoire même si elle m’a moins touché que d’autres héroïnes (peut-être est-ce lié au fait qu’elle est dans le milieu du crime). Par contre un bémol j’ai trouvé l’écriture très violente dans sa description de la communauté noire de Harlem avec de très nombreuses utilisation du n-word et celle de toutes les autres communautés, juives, italienne, etc. Les passage concernant l’islam sont aussi assez violent au niveau des stéréotypes sur le rôle de la femme. (non concernée)

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