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Les prétendants – Jean-Luc Lagarce




Quatrième de couverture

Jusqu’à maintenant, on a pu, ici ou là et ici surtout (il rit), on a pu reprocher, j’y arrive, on a pu reprocher à l’État une position passive de spectateur. Je n’ignore pas, en disant cela, combien, vu de loin, les lenteurs extrêmes de l’administration peuvent sembler les actes volontaires d’une absence de politique. Je suis venu aussi vous informer de la volonté du ministère de s’engager dorénavant, et clairement – parce que tout de même – et financièrement aussi, bien sûr, j’allais l’oublier, ce qui n’est pas tout, mais ce qui n’est pas rien, je suis venu aussi affirmer, je suis venu aussi affirmer les engagements de l’État dans votre ville et dans l’action qui nous intéresse, nous réunit, aujourd’hui…  » Tous les personnages qui composent la vie d’un centre culturel de province se retrouvent à l’occasion de la nomination d’un nouveau directeur. C’est l’occasion de réorganiser, de mettre en place un « nouveau projet ».

Le mot du metteur en scène (2003)

Ils sont donc deux. Deux jeunes hommes frais émoulus des Écoles, assez brillants et ironiques : Marc Später et Jean-Michel Blot. Le premier est le candidat, adoubé par la Ville et l’État, à la direction de ce Centre Culturel. L’autre est son complice, celui qui vient pour être son second. Réflexe bien connu : on préfère toujours débarquer à deux dans une institution existante, au moins à deux, afin de mieux maîtriser ces vieux corps ossifiés… Mais cela pose toujours problème. Tout l’environnement préfère avoir affaire à un homme isolé.

Jusqu’où va « l’amitié » entre ces deux jeunes hommes ?
Lagarce reste d’une absolue discrétion à ce sujet. Ils sont aussi amis, ou l’ont été, avec… la fille du Directeur sortant. Prétendants donc aussi, en quelque sorte, à la main de la princesse… Lagarce reste un peu moins discret là-dessus : nous pouvons deviner que, sans doute du temps de la Fac, Christine a eu un gros béguin, peut-être plus, pour Blot ; que Später s’en est mêlé. Sac de nœuds pas toujours agréable à remémorer… Et la chose se complique par le fait que Christine occupe un poste dans la maison, et qu’il faudra bien un accommodement mutuel, quels que soient les cadavres dans les placards. Ce genre de couple à trois est un thème récurrent dans les récits de Jean-Luc Lagarce.

Les autorités et la maison font pression sur Später pour rendre la venue de Blot très problématique. Blot de son côté ne peut se départir d’une ironie gênante. Le complice devient un boulet, et un rival. Le jeune ambitieux n’hésitera pas longtemps.
Il laissera son co-pilote s’éjecter sans une larme (sinon sans problème..). Cette comédie noire raconte la fin d’une amitié. Perceval abandonne Gauvin.

Jean-Pierre Vincent

Source 1

Source 2

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