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Barbe Bleue, l’espoir des femmes – Dea Loher




Inversant le point de vue du conte de Perrault et de ces multiples épigones, Dea Loher invente un « Blaubart » (Barbe-Bleue) qui est un anti-héros, un homme banal, presque insignifiant, qui assassine les femmes soit parce qu’elles le lui demandent explicitement, soit parce que l’image qu’elles lui donnent d’elles-mêmes ne lui laisse pas d’autre choix.

Une seule, la seule, se tuera parce qu’elle l’aime « au-delà de toute mesure ». La dernière, une aveugle qui n’a d’autre rêve que voir le bleu du ciel rien qu’une fois, mettra un terme à sa carrière d’assassin malgré lui, en l’égorgeant. Chacune des sept femmes que rencontre Henri au cours de la pièce (ces rencontres équivalent à autant de scènes dialoguées, alternant avec un monologue du « héros », plus un monologue central de la femme aveugle), font surgir les mêmes questions : L’amour peut-il se dire, et si oui, comment ? Quels mots peuvent en rendre compte, et quel crédit leur accorder ? Ces mots peuvent-ils vaincre l’usure du temps et des couples, peuvent-ils effacer les frustrations nées des esprits, des passions déçues ? La mort après une brève et fulgurante histoire d’amour n’est-elle pas préférable aux petits arrangements avec la banalité répétitive de la vie ? Et d’ailleurs, comment les hommes et les femmes s’arrangent-ils vraiment dans ce domaine ? Qu’attendent les femmes des hommes et vice-versa ? Comment leur désir sont-ils manipulés ? Une quête à la fois comique et tragique, où Barbe-Bleue, le passeur entre la vie pesante et désabusée et l’expérience d’une mort violente, va finalement trouver son double, une « Barbe-Bleue, qui, en le tuant, redonne l’espoir aux femmes.

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